Interview with Shinji Ishimaru
On 16 january 2026 was released (on premium membership on NewsPick) an interview between Shinji Ishimaru and Taka. I really wanted to hear it so I took the 10 free days trial of the membership plan and downloaded the video. The website had japanese subtitles which I managed to get into the video by recording my screen and then merging it with the video downloaded to have the audio as well. Fans on social medias already translated parts of the interview but since I want to learn japanese and make some kind of OOR archive (that is not dependant on corporate social medias), I really wanted to do this.
Since I'm a punk anarchist brat you can watch the interview right below. Specially if you're broke. If you can support the people who made it, please go for it. I'm a student and I'm already spending lots of money on OOR so I won't be spending more on a website for one interview.
EDIT: There are multiple parts to this interview !!!! AAAAAAAH !!!
Part 1 (this page) - Part 2
Traduction française
Surprise ! Je passe en français ! Bah oui parce que bon, à la base, j'suis quand même française. Et la fanbase OOR manque cruellement de traductions françaises. Généralement toutes les interviews et infos que je trouve sur le groupe sont en anglais. À partir des traductions anglaises réalisées par d'autres fans en ligne + ma relecture des sous-titres japonais (je suis encore débutante) j'ai tenté de faire une traduction française de certaines parties de l'interview. Bonne lecture !
Note de trad : J'ai choisis d'utiliser le tutoiement dans la traduction parce que ça me parait plus naturel en français mais ça ne réflète pas forcément la façon de parler de Taka et Ishimaru.
À propos de Toru, Ryota et Tomoya
J'ai utilisé la traduction de @furiyukirara sur Twitter comme base.
Timestamp : 31:40
Ishimaru : J’aimerais parler de comment tu es arrivé dans ONE OK ROCK. Tu as quitté l’école, fugué de chez toi et travaillé à temps partiel dans un restaurant.
Taka : Je travaillais dans un restaurant qui me laissait vivre là-bas. Je n’avais nulle part où aller, donc ils m’ont dit que je pouvais vivre là-bas si je travaillais pour eux. C’était la première fois que j’ai vraiment ressenti ce que c’était de faire face aux gens en tant qu’égal, dans un lieu où personne ne me connaissait.
Ishimaru : ONE OK ROCK a été formé en 2005. Au début, il y avait Toru et Ryota, et ensuite tu les as rejoins.
Taka : Ils cherchaient un vocaliste à ce moment. Je venais juste de quitter l’école et de former un groupe pour le fun avec deux amis de cette même école. Ils (Toru et Ryota) sont un jour venus nous voir et m’ont dit « on cherche un vocaliste ! Est-ce que tu voudrais rejoindre notre groupe ? » C’est comme ça que ça a commencé.
Ishimaru : Il y a cette histoire bien connue de comment il (Toru[a]) t’a poursuivi sans relâche.
[a] La traduction anglaise de furiyukirara utilise le pluriel en continuant de parler de Toru et Ryota mais avec toutes les interviews précédentes, on sait que c'est que Toru qui venait sur le lieu de travail de Taka pour le harceler jusqu'à ce qu'il cède lol. J'ai donc repassé au singulier.
Taka : Oui, il était extrêmement persistant ! Il est même venu sur mon lieu de travail ! Le manager s’est énervé et lui a dit de partir, et il a dit « je ne partirai pas tant qu’il n’aura pas rejoins notre groupe ! » C’était vraiment une scène sorti d’un manga.
Ishimaru : C’était une situation problématique !
Taka : C’était honnêtement très dur à ce moment. Mais au final, j’ai été touché par leur passion et je suis allé à leur répétition. Puis Tomoya a rejoint et nous sommes par la suite devenu un groupe à quatre membres.
Ishimaru : Commençons par Toru, le guitariste et leader. J’aimerais beaucoup que tu le présentes à tout le monde. Parce qu’un vocaliste tend à être plus visible en tant que frontman, et que les gens peuvent aisément comprendre non seulement leur rôle mais aussi leur personnalité, mais qu’en est-il de la guitare, basse et batterie ? Quelle genre de personnes sont-ils ?
Taka : Si je devais résumer, honnêtement, ce sont tous de bonnes personnes. Ils sont tellement bons que c’en est presque incroyable.
Quant à Toru, il m’a sauvé. Il m’a vraiment sauvé. Il a un amour incroyablement profond pour les gens, et maintenant nous avons une très bonne relation, presque comme un couple marié, mais aussi comme des frères.
Ishimaru : Dans le groupe, c'est quelqu’un qui te comprend particulièrement bien ?
Taka : Oui, ce n’est pas le genre à lancer des paroles négatives aux autres ou à les critiquer. Il est toujours ancré, solide, comme s’il tenait tout en place fermement.
Ishimaru : Et à propos du bassiste, Ryota ?
Taka : Il est, un peu comme je le mentionnais avant en parlant de mes frères[b], une sorte de colle qui tient les choses ensemble. Il est toujours attentionné, toujours en train de lire l’atmosphère autour de lui. Quand il s’agit de mon état mental, surtout quand les concerts ou la production deviennent épuisants il y a des moments où ça me touche fort mentalement, dans ces moments, ses mots et son sourire sont toujours très encourageants.
[b] Plus tôt dans l'interview Taka parle de ses frères et dit que Hiro (le plus jeune des 3, chanteur de My First Story) est le plus calme et celui qui tient la famille ensemble.
Ishimaru : Donc c'est ton remonte-moral[x] ?
[x] Le mot utilisé est mood maker en katakana, donc emprunt à l'anglais. Mais en français ça rend mal, cette traduction me semblait plus adaptée, mais je ne suis pas à 100% sûre de ce qu'ils entendent par "mood maker".
Taka : Exactement. Il est vraiment doué pour remonter le moral.
Ishimaru : Et Tomoya ?
Taka : Tomoya est notre gardien[*], comme un dieu du tonnerre[2], vraiment. Il est là derrière nous sur la batterie, sous soutenant tous. On ne pourrait pas faire tout ça sans lui, c'est vraiment notre gardien.
[*] Taka utilise le mot shugojin 守護神 pour décrire Tomoya, qui veut dire "dieu gardien" ou "divinité protectrice".
[2] Taka utilise raijin 雷神, le dieu du tonnere shinto.
Aller pour la première fois à l'internationale
J'ai utilisé la traduction de @furiyukirara sur Twitter comme base.
Timestamp : 48:01
Ishimaru : Et la première fois que vous êtes allés à l’étranger était aux alentours de 2012, c’est ça ?
Taka : Oui, c’est ça.
Ishimaru : C’était votre première tournée à l’international. Avec le recul, est-ce que tu penses que le timing était trop tôt, trop tard ?
Taka : trop tard, vraiment trop tard.
Ishimaru : Trop tard ? Même si le groupe n’avait que 7 ans d’existence ?
Taka : En fait, juste quand nous venions de former le groupe, on avait déjà acheté des billets pour New York nous-même. À cette époque on était avec le label Amuse, et évidemment, une poignée de sales gosses[*] qui achètent des tickets pour New York sans permission, sans même demander à l’agence…
[*] クソガキ kusogaki, traduit en anglais par « stupid brat » ou « son of a bitch », ce qui donnerait en français gosse stupide, merdeux, fils de pute (mais on aime pas insulter les putes ici, ça sera fils de flic ou de politicien), j’ai immédiatement pensé à sales gosses en première intention et je pense que ça fonctionne pas mal mais ce n’est peut-être pas aussi fort que le mot japonais. Petits cons me semble adapté aussi.
Ishimaru : Vous n’aviez pas demandé ?
Taka : Non ! Et comme on pouvait s’y attendre, quand on a dit « on part pour New York ! » ils nous ont arrêtés. Donc on a été arrêté dans cet élan, et en conséquence, ce désir a juste continué à se développer en nous, on est allés de l’avant avec ce sentiment un peu tordu de « et alors ? Est-ce qu’on arrivera même pas au Japon ? » et à cause de ça, on est arrivés tard à l’internationale. (Je vais revoir cette trad parce qu'elle me semble un peu bancale)
Ishimaru : On a parlé plus tôt de ta confiance sans bornes, mais est-ce que ce n’était pas un peu trop tout de même ?
Taka : Ouais, y’avait vraiment aucune fondation à cette idée, mais tu sais, peut-être que c’est ma force. Honnêtement, je ne pouvais pas trouver de sens à faire les choses seulement au Japon, tu sais, aller dans des endroits où les gens qui me détestaient déjà juste pour y délivrer mes sentiments, ça n’avait pas de sens pour moi. Donc j’ai pensé qu’au lieu de ça, pourquoi ne pas aller là où personne ne nous connaît ? Je pourrais apprendre des choses là-bas et je ne parlais pas du tout anglais non plus, donc j’avais envie d’y aller, c’est simplement ça qui m’a poussé.
Ishimaru : Tant qu’on y est, si vous étiez vraiment allés à New York, qu’auriez-vous fait ?
Taka : On pensait, au minimum, qu’on pourrait jouer dans la rue ? Devenir des musiciens de rue.
Ishimaru : Et tout le groupe était ok ?
Taka : Oui ! Tout le monde était à fond en mode « c’est complètement fou ! », c’était la jeunesse, j’imagine. Ce type d’énergie c’est que tu as quand tu es jeune, maintenant, j’aurais vraiment souhaité qu’on se lance et qu’on y aille, quitte à ignorer tout le monde.
Ishimaru : Donc vous êtes finalement allés à l’internationale en 2012, même si tu pensais que c’était déjà tard.
Taka : Oui ! Et puis en 2014 on a fait notre première tournée officielle en Amérique, c’est là que j’ai vraiment eu l’expérience du culture clash.
Ishimaru : Que s’est-il passé sur cette tournée ?
Taka : On a joué des concerts tous les jours, pendant 2-3 mois, en voyageant en bus. C’était le Warped Tour, une tournée sous forme de festival, avec surtout des groupes américains, parfois anglais. À ce moment-là, les groupes japonais commençaient enfin à être inclus. À peu près 100 groupes voyageaient ensemble, on était comme un cirque ! Cette scène avait une immense popularité et un poids culturel important… mais on avait zéro fans là-bas. On était personne, on était traités comme de la merde à ce moment-là. Nous les japonais, asiatiques, dans une culture avec une forte dominance blanche, les gens nous regardaient comme si on était des animaux exotiques, y’avait peut-être 5 personnes qui nous regardaient, et tout ça c’était après qu’on ait commencé à jouer dans des stades au Japon, on l’a vraiment ressenti comme de la destruction et renaissance.
C’était blessant, c’était frustrant, mais étrangement cette frustration est devenue notre carburant, c’est là que j’ai finalement pensé « je dois sérieusement apprendre l’anglais ». Sans cette réalisation, je n’aurais pas avancé. J’ai appris l’anglais purement à l’oreille, je ne suis pas allé à l’école, je me suis fait des amis et j’ai appris la langue comme ça, donc ma grammaire est toujours hasardeuse.
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